Le déplacement forcé ?

La situation précaire du déplacement forcé des indigènes et d’autres populations rurales ainsi que la perte de leurs terres est la résultante directe du désir de certains (entreprises minières ou pétrolières, narcotrafiquants et autres acteurs) de posséder ou d’exploiter ces terres.

 

Ces terres, territoire de nombreuses communautés ethniques, permettent aisément l’installation de monocultures extensives servant à la fabrication d’huile de palme, l’exploitation minière intensive et l’exploitation pétrolière ou encore l’élevage massif de vaches et de bœufs. Elles sont également au cœur de bataille de territoires entre paramilitaires, FARC (Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes), et armée gouvernementale.

 

Face à cette situation, de nombreuses communautés ont été obligées de donner leurs terres ou de les vendre à des prix dérisoires, d’autres encore se sont vues dépossédées de manière forcée.

 

Malgré les nombreux textes de loi existants pour protéger cette population et leurs terres, tant au niveau national comme la constitution colombienne qu’au niveau international comme la « Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones » les indigènes continuent chaque jour à être dépossédés, déplacés ou affectés d’une manière ou d’une autre sur leur propre territoire qui leur a toujours appartenu et qu’ils ont hérité de leurs ancêtres.

 

Aujourd’hui la situation s’aggrave de plus en plus, avec une des pires crises humanitaires dans l’histoire du pays et l’une des plus graves de l’hémisphère occidental.

L’actuel président colombien (Juan Manuel Santos) a présenté en septembre 2010 une loi de victimes qui mentionne une restitution de terres. Cependant cette loi a reçu de nombreuses critiques et contestations, notamment parce que la Colombie est un pays en période de guerre et non de post-guerre, ce qui empêche une véritable garantie de sécurité aux communautés qui retourneraient y habiter. De plus, le gouvernement continue à instaurer des mesures comme la « militarisation » ou l’industrialisation de certains territoires indigènes.

 

Dans ce contexte actuel, des milliers d’indigènes continuent à vivre dans des conditions d’extrême pauvreté dans les principales villes colombiennes et d’autres continuent à être déplacés et à perdre leurs terres chaque jour. Malgré toutes ces difficultés et violations des droits fondamentaux, plusieurs communautés ont adopté diverses formes de résistance : assemblés, dialogues et négociations avec les différents acteurs du conflit, marches, rassemblements, etc.